Ensemble, sauvons l'outarde ! (mise à jour : octobre 2007) |
Depuis 2001 un plan de restauration de l’Outarde canepetière en Maine-et-Loire (MOURGAUD, 2001a) a été réalisé ; cependant ce plan de restauration n’a pas pour l’instant pu être décliné de manière opérationnelle. La désignation du site en tant que zone de protection spéciale (ZPS) et l’intégration au réseau Natura 2000 fin 2005, puis la réalisation du document d'objectifs (DOCOB) en 2007 devraient permettre d’aboutir à la mise en œuvre d’un plan de gestion conservatoire efficace sur le territoire. Parrainez une outarde… et sauvez une espèce ! |
L'Outarde canepetière, biologie |
Les adultes sont majoritairement herbivores. Ils consomment également des invertébrés, notamment les femelles (constitution des œufs). Les jeunes s’en nourrissent exclusivement. Habitat L’Outarde canepetière est une espèce de milieux ouverts. Son habitat de prédilection demeure la steppe semi-aride. Elle affectionne particulièrement les terrains dégagés, ouverts, d’aspect steppique : prairies rases, pâtures, jachères, luzernes. |
L'Outarde en actions |
Le suivi annuel Depuis 1997 un suivi annuel est réalisé sur le site de Montreuil-Bellay, afin de disposer d’indicateurs fiables de l’évolution de cette population. Ces travaux sont réalisés grâce à une équipe de bénévoles, de stagiaires et sont supervisés par l’équipe salariée de la LPO Anjou. Chronologie • de fin avril à début mai sont organisés des comptages concertés pour localiser les mâles. Photo (Erwan Guillou) Depuis la fin du programme Life et malgré l’absence de financement publique, la LPO est parvenue à maintenir des contrats Faune sauvage amélioration des jachères PAC Outardes, grâce à la sensibilisation de la profession agricole et à l’appropriation des problématiques de préservation de l’espèce, devenue emblématique sur le site et cher aux yeux des agriculteurs. Jachère retrait long terme Cette démarche est engagée en 1996 avec la signature de 6 contrats pour une superficie de 28 ha, localisés sur la Champagne de Méron. La mise en œuvre de mesures agri-environnementales (MAET) En 2007, devraient ce mettre en place les futures MAET. Ce projet de territoire vise à mettre en place un système de compensation financière pour des agriculteurs mettant en œuvre des pratiques de gestion favorables à la reproduction de l’Outarde. |
Bilan de la nidification de l'outarde en Maine-et-Loire en 2007 |
Les premiers individus d'Outardes canepetières sont de retour chaque année vers le 20 mars, mais les mâles chanteurs ne s'installent sur leur territoire qu'à partir d'avril. La meilleure période pour observer les oiseaux en parade nuptiale se situe du 15 avril au 31 mai. Ensuite, les outardes deviennent plus discrètes. Elles partent pour leurs quartiers d'hivernage à la fin du mois de septembre. En 2007, 25-27 mâles ont été observés sur le site, le premier individu mâle est arrivé le 15 mars. Peu de nids ont été découverts (trois). Ils étaient localisés dans des parcelles en jachères, pour la plupart sous contrat Outarde. L'effet des retards de broyage des jachères est donc important puisqu'il conditionne souvent la réussite de la ponte. Cette année 2007 nous a offert des conditions météorologiques particulières, les pluies printanières et estivales ont entraîné un développement exceptionnel de la végétation, rendant les prospections très difficiles, notamment pour localiser les nids, les femelles et plus largement les familles. Le comptage des oiseaux en rassemblement postnuptial indiquait 50 oiseaux sur le site mi-septembre. Parmi ces oiseaux au minimum 7 jeunes en trois groupes familiaux ont pu être identifiés avec certitude en 2007. Cette population, au vu des études menées dans le cadre du Life, de l'évolution récente de ces effectifs, semble viable et est capable de se développer, malgré son isolement géographique relatif. Rassemblements postnuptiaux Sur l'ensemble des sites des régions Centre, Pays de la Loire et Poitou-Charentes, près de 678-690 oiseaux étaient observés le 30 septembre 2006. Zone d'hivernage Life 1999 Deux mâles d'outarde ont été équipés d’une balise Argos et une vingtaine d'autres outardes d'émetteurs en Sud Deux-Sèvres et Indre. |
L'Outarde canepetière, tendance et évolution 1992-2007 |
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L’Outarde canepetière est présente d’une part dans le Sud-Ouest de l’Europe (péninsule Ibérique, Maroc, France, Italie) et d’autre part de la Crimée à la Chine (situation mal connue). Sa population européenne est estimée entre 120 000 et 300 000 individus. Le bastion européen de l’espèce est la péninsule Ibérique (surtout l’Espagne) comprenant les quatre cinquièmes des effectifs. Répartition nationale La France comptait 1 487-1 677 mâles chanteurs en 2004. Il convient de répartir cet effectif en deux sous-populations : la première, sédentaire, répartie sur le pourtour méditerranéen, accueillait 77 % des effectifs nationaux ; la seconde, dernière migratrice en Europe, est répartie dans les plaines du Centre-Ouest (85 % en Poitou-Charentes) avec environ 350 mâles chanteurs. Cette population hiverne en péninsule Ibérique.
La répartition de l’espèce en France entre 1998 et 2004 (JOLIVET et al., 2007) a évolué de manière rapide. Les effectifs de la population migratrice des plaines cultivées du Centre ont connu une forte diminution, parallèlement à une amélioration des effectifs de la population méditerranéenne (coussouls de Crau…). Répartition départementale En Maine-et-Loire, l’Outarde canepetière n’est plus présente aujourd’hui que sur les communes de Montreuil-Bellay et Épieds, auxquelles il faut ajouter deux communes voisines du Nord de la Vienne : Pouançay et Saint-Léger-de-Montbrillais. État des populations sur le site La population de Maine-et-Loire a fortement diminué au cours des 30 dernières années et comptait encore plus d’une cinquantaine de mâles chanteurs en 1977 répartis entre les cantons de Montreuil-Bellay et de Doué-la-Fontaine. En 1982, une nouvelle enquête met en évidence le déclin de l’espèce. De nos jours, l’espèce est uniquement cantonnée sur la ZPS, la population nicheuse étant de l’ordre d’une vingtaine de mâles chanteurs (19 mâles territoriaux en 2005). Bilan et analyse de l’évolution de la population
Graphique : Tendance évolutive des effectifs départementaux des mâles (ajustement polynomial) Tableau : Évolution des effectifs départementaux de mâles d’Outarde canepetière
La courbe de tendance calculée sur les effectifs obtenus depuis 1977 permet de visualiser comment la population nicheuse actuelle semble s’être stabilisée à un niveau relativement bas. Il est toutefois difficile d’estimer l’effectif qui était présent en Maine-et-Loire il y a une trentaine d’années, l’estimation minimale de la taille de la population en 1970 serait d’au moins 100 mâles chanteurs. Les discussions menées avec les chasseurs et agriculteurs locaux de Montreuil-Bellay laissent penser qu’une telle population était bien présente sur le site puisqu’ils parlent d’envol de centaines d’oiseaux lors de l’ouverture de la chasse en septembre. |